Il cherche à pérenniser la langue du pays *

 
La famille de Jeannot Mancini s'est installée à 0pio il y a, une centaine d'années et si parents et grands-parents étaient tournés vers l'agriculture et le travail de la terre, il a opté, venu l' âge adulte, pour le bâtiment. Ce qui ne l' empêche pas d'exercer, à titre personnel, des activités oléicoles 
Bercé depuis son enfance par la langue provençale, seule utilisée à la maison, il n'a connu d'autre langage avant l'entrée à l' école. En cette époque, on regardait de travers, les petits Provençaux qui continuaient à s'exprimer dans ce qui était considéré comme un "patois" mais l'institutrice, se souvient-il, était elle-même provençale et savait parfois se boucher les oreilles! A 14 ans, il prend le chemin des chantiers et commence à apprendre son futur métier, en provençal, avec ses aînés. 
Et seules les "vacances" passées de l'autre côté de la Méditerranée, au moment de deux longues années de service Militaire, interrompent cette pratique de la langue ancestrale. De retour au pays installé dans sa vie professionnelle, il a toujours conversé dans ce langage retrouvé, mais dont il voyait, au fil des années, le nombre des pratiquants diminuer. 

Un atelier de provençal

C'est pourquoi lorsque l'occasion lui fut donnée, à travers son appartenance au groupe 'Lei Messuguié. de créer un atelier de provençal, il n'a pas hésité une seconde. "je voudrais que des jeunes viennent à nous, pour conserver et perpétuer cette tradition ... " explique-t-il.
S'il s'appuie très largement sur les bibles existantes, le "Se parlaves Provençau" de Voulant, la grammaire de Louis Bayle et bien sûr, les énormes dictionnaires existants, il entend faire de son atelier un espace de conversation, de pratique de l'oral consacré à la langue traditionnelle de ce petit morceau de Provence, entre Opio et Châteauneuf. Au Bar (Bar sur loup), l'accent est déjà différent. dit-il en plaisantant !
Mais auparavant, écoutez vous raconter ses souvenirs d'enfance à l'époque du raisin...

Souveni d'enfanço...

L'autre jour, siéu ana au marcat ai vist que vendien de rasin. En passant a coustat, ai "pita" un ase sus un "péndou" (grapo) e vous dirai qu'avié ges de goust. M'es revengu lou téms quouro coupavian lou "servan" èro fin outobre. Aco poudiés dire quéro de rasin ! Partian léu, quouro fasié bèu. Leis ome coupavon lei "péndou" en lei tenènt per lou pecoui lei metien dins dei platèu a nautre, lei pichou pourtavian aquelei platèu a dei fremo quèron assetado, cu sus uno cadiero, cu sus un cepoun. Em unei parèu de cisèu triavon lou rasin, levavon leis ase marrit e lei pichin en tenènt toujour lou "pèndou" per lou pecoui per pas leva aquelo cauvo que ressemblo a l'eigagno que l'a sus leis ase e que rende lou rasin tant bèu. Quouro voulian lou garda, coupavian lei gavèu de cade coustat dou pecoui lou moussèu soute plus long que l'autre, e après lei metian a trempa dins dei boucau eme d'aigo e de carboun de bouosc. Coume aco, lou raisin restavo toujour fresc. Aquêeu servan lou gardavian jusquo Nouvè.
Ai gard lou souveni d'aquelei béus ase daura e qu'èron tant dous que mi vèn encaro l'aigo a la bouco. Touteis aqueleis paraulo per vous dire que,. quour èri meinau, per Nouvè, manjavi lou rasin dou peïs...
Janet Mancini
(eme l'ajudo de Mario-Glaudo per l'escrich)

Maritime, rhodanien, gavot et nissart

Quatre façons de parler, de prononcer d'écrire existent ainsi le 'Maritime"  qu'il enseigne, le Rhodanien, le Gavot, dans les Alpes, et le Nissart chacun avec ses subtilités. AIors si connaître cette langue a part entière vous tente,
vous pouvez contacter Jeannot Mancini au 04.93.42.43.56 ou le rejoindre lors d'un cours, le mercredi de 16 h à 18h30 au rez-de-chaussée de la salle du M.A.S.E.T. ou à tout autre moment appeler le  04.93.42.53.77 ou encore le 04.93.42.42.43

* article paru dans Nice-matin